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« EkkoSprint », le Design Sprint version Ekkofin

« EkkoSprint », le Design Sprint version Ekkofin

Le Design Sprint, qu'est-ce que c'est ?

Le Design Sprint est un processus créatif développé par Google Ventures entre 2010 et 2016 et qui a véritablement vu le jour dans le cadre de l’élaboration de l’application Google Hangouts (aujourd’hui Google Meet). En 5 jours, il permet d’identifier des solutions innovantes à des problématiques complexes, de créer un prototype et de le tester avec un panel de quelques utilisateurs. 

1) Un seul objectif poursuivi tout au long du processus.

2) Travail collaboratif en intelligence collective.

3) Processus très structuré.

4) Organisation du temps stricte sur maximum 5 jours.

5) Test final réalisé avec de vrais utilisateurs.

Le Design Sprint réduit les risques liés à un lancement de nouveau produit et accélère le processus de création de nouveaux produits ou services. Il permet également d’impliquer les collaborateurs clés dans le processus créatif.

Le mot sprint est directement lié à la méthodologie de développement agile en informatique. Les cycles de développement courts y sont ainsi nommés « Sprints ». L’objectif étant de pouvoir modifier le produit en cours de création afin de mieux répondre aux besoins des utilisateurs.

Concrètement, comment marche un Design Sprint ?

Il s’agit d’un processus très structuré et organisé sur 5 jours. Chaque jour a un objectif bien précis et une série d’activités très cadrées étant donné le temps réduit.

Lundi  : Compréhension du métier et choix d’un objectif de sprint

Mardi : Esquisse de solutions concurrentes

Mercredi : Choix de la meilleure solution à tester

Jeudi : Réalisation d’un prototype réaliste

Vendredi : Test de ce prototype auprès des clients cibles

Qui utilise le Design Sprint ?

Principalement le monde des start-ups et les entreprises faisant partie du monde digital et/ou technologique. De plus en plus d’entreprises de secteurs matures utilisent ce processus de décision agile dans le cadre de projets stratégiques et de digitalisation.

Design Sprint ou Brainstorming : Quelles différences ?

Ce processus de prise de décision basé sur l’intelligence collective diffère du brainstorming « classique » pour trois raisons principales :

Une réflexion individuelle

Là où les idées foisonnent et fusent dans une certaine forme d’anarchie entre les participants dans le cadre d’un brainstorming, le sprint privilégie la génération d’un maximum d’idées individuelles qui seront filtrées grâce à l’intelligence collective du groupe. Ainsi, chaque idée naissant dans l’esprit des participants au sprint est étudiée et développée en profondeur individuellement et dans le calme, ce qui a pour effet d’améliorer considérablement la qualité des solutions proposées par les participants à la problématique rencontrée.

Une critique objective

Le fait que le brainstorming donne lieu à des discussions ouvertes et au partage d’idées « dans l’émotion » pousse naturellement les participants à accorder plus de crédit aux idées venant des plus fortes personnalités au détriment de certains participants plus introvertis. Cela constitue une limite du brainstorming par rapport au Design Sprint où les idées et solutions proposées par les participants du sprint sont présentées et jugées de manière anonyme. Cela a donc pour avantage de critiquer les idées des participants sur base de critères objectifs pour ne conserver que les meilleures d’entre elles.

Un processus de décision clair

L’effet de groupe a un impact néfaste sur la qualité des décisions prises. Il peut générer de longs débats parfois tendus et/ou stériles. Même dans une atmosphère collaborative, le risque est de converger vers une solution de « compromis » qui s’apparente plus à une fusion de toutes les idées formulées, manquant ainsi de focus. Le sprint résout cette problématique en proposant un processus décisionnel clair basé sur des votes. Chaque participant a l’occasion de voter pour la ou les solutions qu’il pense les plus pertinentes pour atteindre l’objectif établi. Le « décideur » désigné du sprint (souvent le CEO ou chef de projet) bénéficie de « super votes » qui lui permettent de trancher entre plusieurs solutions qui seraient en concurrence.

Design Sprint : en présentiel ou en distanciel ?

Paradoxalement, bien que le design sprint fasse appel à l’intelligence collective, la présence physique de tous les participants n’est pas indispensable étant donné qu’il s’agit d’un processus très structuré et que les participants élaborent individuellement leurs idées/solutions avant de les partager avec l’équipe. Les deux modes de fonctionnement présentent leurs avantages et leurs inconvénients.

EN PRÉSENTIELEN DISTANCIEL
En présentiel, la communication est plus fluide et naturelle et les supports de communication dits « classiques » (posts-its, blocs-notes, tableau blanc, marqueurs, bics, …) demeurent privilégiés par les participants étant donné leur utilisation plus intuitive. L’inconvénient principal du design sprint en présentiel réside dans la tendance à la dissipation des participants, l’effet de groupe étant plus propice aux débats souvent peu profitables à l’efficacité du processus.En distanciel, les participants ont plus facilement tendance à s’auto-discipliner et à prendre la parole uniquement lorsque c’est nécessaire. Les supports de communication sont moins intuitifs mais il existe des outils digitaux très adaptés qui permettent au « facilitateur » qui dirige le sprint de structurer le processus et aux participants d’interagir avec le groupe via un tableau blanc interactif.

Certaines problématiques sont plus propices à un travail en présentiel comme lorsqu’il s’agit d’améliorer un processus industriel ou logistique et où la visite des lieux permet souvent de générer des idées innovantes par la suite.

Dans le cas de groupes plus conséquents ou géographiquement éloignés, le distanciel permet généralement d’être plus organisé et plus efficace. Certains sprints sont également menés en combinant les deux modes de fonctionnement selon les besoins.

Sara Jockin